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La notion de réparation (tsukuroi); tsukurou « améliorer » proche de tsukuru, « faire » ou « fabriquer » une chose. Composé de deux sinogrammes  : le fil, ito, et le bien, zen : apporter une amélioration à l’aide d’un fil (ou d’un autre élément extérieur).

Hiroshi Kashiwagi, « Séparation et réparation : expression spatial de l’inachevé au Japon »Techniques & Culture, 57 | 2011, 84-97.

Résumé: Dans l’univers du monde matériel, le respect dû aux objets usuels (céramiques, bois, textiles…) – comme aux œuvres d’art – entraîne généralement la nécessité de les réparer. Réparation, restauration ou raccommodage, tsukuroi, sont le plus souvent mis en évidence, et les traces de cette « amélioration », considérées comme inévitables, sont conservées avec soin.Ces deux notions japonaises de séparation (shikiri) et réparation (tsukuroi) n’ont pas de relation directe, mais permettent de saisir une conception propre à la culture japonaise, dans laquelle l’inachèvement, l’incomplet ou l’imparfait sont hautement valorisés.

La notion de réparation est exprimée par tsukuroi ; tsukurou dans le sens de « améliorer » a une signification très proche de tsukuru, « faire » ou « fabriquer » une chose. Mais ce terme s’écrit à l’aide de deux sinogrammes qui désignent : le fil, ito, et le bien, zen ; il s’agit donc d’apporter une amélioration à l’aide d’un fil (ou d’un autre élément extérieur).

(…) Prendre en charge un objet et s’en occuper au point de le réparer (tsukuro-u) quand il est abîmé, c’est être sensible à la vie de cet objet, faire preuve d’un respect, d’un certain attachement, c’est obéir enfin à ce sentiment particulier qu’en japonais on exprime par mono no aware (« la tendresse » ou « la poignance » des choses). L’objet et le sentiment d’aware qu’il provoque se retrouvent ainsi dans un univers sensible, le comportement de type émotionnel manifestant la symbiose avec cet objet.